Appel d’air
Dans cette série proposée, l’intérieur du cadre de l’image devient enjeu de manipulation. A côté du réel, des scènes extraordinaires sur nos pulsions ordinaires s’imposent. Face à face où je les abandonne lorsqu’elles sont en vrac. Ou je les lie parce qu’elles s’affaissent. Et je les désire quand elles s’embarquent.
Elles sont, un instant, en suspension, l’empreinte ici d’une présence, là d’une dérive. Et la suite n’est qu’enchevêtrement.
Les corps se fondent dans l’espace à l’intérieur desquels ils sont artificiellement fixés. Ils prennent appui, se positionnent et s’élancent. Mise en scène ? Théâtre ? Ils miment, solitaires, la fuite du temps, l’éclatement, la perte, la dérive, la crispation, l’attente, le repli, l’obstination, l’endurance, la poursuite, l’enfermement, l’intérieur, les miens.
Je navigue dans la forêt d’une chaîne d’êtres. Et pour dire ce monde, j’isole. Absences contemplatives. Je cible. Douleurs recroquevillées dans les replis de l’âme. J’imagine. Expériences autonomes d’une psyché matérialisée.
Je cherche à représenter ce qui ne dure que dans la mémoire invisible de nos émotions. Un peu plus loin. Dans les lieux où se révèlent les faces cachées. Au bord de la peau. Là où nous devenons surface, matière et souffle, et que l’air liquide glisse contre nous. Et là je tourne autour des corps pour regarder accotée au visible.
Élégie




















