L’Immersion.
Mes photographies et mes vidéos représentent des lieux de transit.
Je m’intéresse à des lieux bâtis, tertiaires, fortement fonctionnalistes et aseptisés. Standardisés, impersonnels, ces espaces répondent à des besoins identifiés ou crées par l’homme. Résultat d’une culture, d’une société, d’une époque, leur mise en forme aurait pu être autre.
En appréhendant ces espaces comme des formes, en oubliant leur fonction, je crée un univers glacial, lisse, qui glisserait vers la fiction. Ces espaces deviennent alors des décors dans lesquels on ne pourrait ni entrer ni sortir. Cet univers, constitué de passages sans issue ou à l’issue incertaine, ne serait peut-être pas habitable. L’individu, limité dans sa compréhension de cet environnement, semblerait y avoir été posé par hasard. Figé par des dispositifs contraignants, il resterait impuissant face à cet univers démesuré.
Partant d’une appréhension physique des espaces et des objets, je m’inéresse à des questions de sculpture (la sensation de poids, la notion d’échelle, les connotations des formes, des matériaux et des couleurs). La hauteur de l’accrochage et la taille des photographies ou le dispositif de projection vidéo sollicitent le corps de spectateur.
Je m’interroge sur ma perception de ces espaces ou dispositifs destinés à un usage public, ainsi que sur la question de ma propre liberté.
Margaret Dearing
















