Mur Maitre
Idée philosophique ou frontière géo-politique, le mur est un artefact symptomatique d’une société qui confond solidarité et globalisation, individualité et individualisme.
Dans l’installation que nous proposons, il prend la forme d’un puzzle composé de parpaing grapho-photographiques dont l’interchangeabilité et la mobilité illustrent une architecture de l’absurde et dont les multiples métamorphoses annulent la possibilité même d’une construction (physique) et d’une édification (intellectuelle).
L’homme idéalise l’universalité tout en bâtissant un environnement cloisonné et c’est cette antinomie que dénonce notre installation ; sa mise en scène ludique relève le caractère dérisoire de ces constructions prétendues protectrices et revalorise l’activisme en faisant participer le spectateur qui permutera les briques de ce cut-up grand format dont le mode d’emploi est « Mektoub veut dire c’est écrit ». Alors si vous voulez défier le destin et le changer, coupez les mots. Changez-les en un monde nouveau ».
Par cette praxis, nous réinstaurons « la poésie comme lieu public » et nous opposons l’interventionnisme à l’incommunicabilité. Au gré du déplacement des photographies, se recompose, au premier-plan, le texte et se révèlent, à l’arrière-plan, des données chiffrées sur les murs politiques, cache-cache informatif comme une invitation au jeu. Au-delà des vestiges de l’Histoire et de l’actualité, la diversité des images proposées renvoie également à la première ligne séparatrice, celle définie par notre corps, car notre enveloppe charnelle est le premier instrument de notre liberté, la première manifestation de notre enfermement et la métaphore exacte des dispositions tactiques mises en place par certains gouvernements.


















