Sentiment végétal.
Un couple d’artistes,
Pascale et Thierry Nivaux.
Pour elle, la nature est une madeleine de Proust, souvenir d’enfance. Ses sculptures sont végétales et pérennes ; feuilles mortes ou brindilles se dressant pour défier la vie. Ses dessins sont fragilité et leur force est prolifération, se libérant à même le mur.
Pour lui, la photographie n’est pas seulement un acte du regard. Ses œuvres photographiques tendent à révéler des présences et à revisiter l’humanité, tels ses visages d’Eve et Adam photographiés par une véritable pomme comme simple appareil photo.
Sentiment Végétal est né de leur rencontre.
Une rencontre autour d’un outil technologique : le scanner. Là encore, pas d’appareil photo. Choux, rose, fleur de courgette, mauvaises herbes, feuille… Pas d’a priori. Leur choix se fait devant le scanner, avec le temps et le ressenti. Matière vivante, inévitablement le végétal se transforme. Ainsi, d’état en état, il libère les différentes beautés présentes tout au long de la vie. Entre les mains des artistes, nonchalant, il devient aussi d’une certaine façon, matière sculpturale, matière à image. Ils l’accompagnent sur ce chemin. A même la plaque de verre, comme un corps nu sur une table d’opération, le végétal est livré aux balayages de lumière du scanner. Ce dernier reproduit avec une infime précision, presque indécente, chaque mm2 de l’épiderme végétal. Seules les parties en contact avec la plaque de verre sont d’une extrême netteté, le reste s’évapore dans un extrême flou puis dans le noir.
Le végétal semble rayonner dans ce noir, comme si il avait emmagasiné cette lumière pour la restituer à l’image. Rencontre donc aussi dans l’image photographique. De l’obscurité et de la lumière. Rencontre très intime entre le flou et le net. L’absence presque totale de profondeur de champ fait que le flou domine, et le net s’impose par les détails qu’il révèle. Entre l’unité et le détail. Le végétal se présente toujours dans son intégralité, posant dans l’image comme sur le scanne, frontalement presque personnifié. Rencontre aussi entre l’infiniment petit et l’infiniment grand. En effet, Pascale et Thierry Nivaux grâce à cette technique de « scannophotographie » qui leur est propre, obtiennent une image numérique d’une très grande résolution (poids fichier compris entre 1 et 4 Go). Ils peuvent ainsi, selon les possibilités (du lieu, financières…), exposer des photographies numériques grand format voire monumentales, jusqu’à amener le spectateur à l’échelle de l’insecte !
















