MTA People.
En résidence à New-York l’été 2007 dans un appartement de la W76th, j’ai rencontré un jour mon voisin de palier avec qui j’ai sympathisé. Il m’a expliqué qu’il travaillait à temps partiel pour le MTA (Metropolitan Transportation Authority, la régie des transports de New-York) comme contrôleur du métro.
Il m’a expliqué en quoi consistait son travail. Toute rame de métro à New-York transporte avec les passagers un conducteur et au moins un contrôleur dont le rôle est d’assurer la sécurité et d’annoncer les entrées en station par système d’interphone.
Le travail du contrôleur est très systématique : à l’arrivée en station, une annonce dans l’interphone, ouverture des portes et renseignements éventuels aux passagers qui se présentent devant la fenêtre ; avant le départ, un regard à droite puis à gauche pour vérifier qu’aucun passager n’est coincé dans une porte, coup d’œil en haut vers l’écran télé qui montre les endroits inaccessibles au regard du quai, et enfin signal au conducteur pour repartir. La scène se déroule toujours au même endroit du quai, les rames successives s’arrêtant aux mêmes repères.
L’ordre de la séquence est immuable et se répète comme un travail à la chaine pendant toute la durée du poste. Le contrôleur doit impérativement s’équiper (à son initiative) de lunettes de protection, et éventuellement de bouchons d’oreilles, et porter l’uniforme du MTA. Certains ajoutent à l’équipement obligatoire un gant protecteur pour éviter les blessures provoquées par l’ouverture et la fermeture répétées de la fenêtre. L’uniforme officiel comprend normalement une casquette haute avec le numéro d’immatriculation de l’agent. Celle-ci n’est plus guère portée par les jeunes recrues. Près de 80% des contrôleurs sont afro-américains, les autres majoritairement d’origine hispanique. Il y a pratiquement autant de femmes que d’hommes, souvent issus de milieux sociaux très modestes.
Pierre MOVILA
Cette série a été réalisée sur la ligne 1 de Manhattan dans les stations du Upper West Broadway en juillet 2007. Pour ne pas perturber les personnes photographiées et conserver intacte leur expression, les images ont été réalisées sans éclairage d’appoint ou flash, ce malgré des conditions de lumière très difficiles car le métro new-yorkais est très peu éclairé.




















