Baignade interdite.
Les piscines municipales bâties dans les années 70 dans le cadre du programme « 1000 piscines » avaient une durée de vie prévue de vingt ans. Ce programme a été initié dès 1969 par le ministère de la jeunesse, des sports et des loisirs, et avait pour but l’apprentissage de la natation aux enfants des écoles, suite aux mauvais résultats des nageurs français aux jeux Olympiques d’été de 1968. Ces structures assez légères exigent maintenant des interventions de plus en plus fréquentes, aux résultats de plus en plus aléatoires. Mais dès la conception d’une nouvelle installation ou à l’occasion d’une transformation, les piscines se transforment peu à peu en centre de loisirs aquatiques. Environ 600/700 piscines ont été construites, de type iris, plein-ciel, caneton ou encore tournesol.
Mais celle qui m’intéresse est la piscine plein-air, celle où j’ai appris à nager lorsque j’étais enfant. J’ai voulu photographier les bassins l’hiver, et sans aucun nageur pour que mes souvenirs ne soient pas perturbés par la foule et les bruits. Quelle nostalgie de rouvrir les portes des vestiaires, où il fallait absolument que je mette mon bonnet de bain qui m’arrachait les cheveux. Quelle nostalgie de revoir ces fameux plongeoirs, où je me trouvais enfant avec une peur terrible de sauter dans les eaux. Et les camarades de classe qui attendaient leur tour, il était donc, hors de question de rebrousser chemin afin de ne pas passer pour une froussarde. Quelle nostalgie de retrouver ces gradins, où je posais ma serviette à côté de celle de ma meilleure amie, pour ensuite échanger quelques secrets. Quelle nostalgie de retrouver ces grands bassins, où l’eau était toujours un peu froide au début. Et où le maître-nageur m’obligeait à prendre ma respiration afin de mettre ma tête sous l’eau et nager.
Même si des kilomètres séparent toutes les piscines photographiées, et si leur architecture et environnement sont différents, les souvenirs restent sans doute les même pour tous.
















