Mise en présence
Il est d’abord question de la photographie, celle qui constituerait la preuve de l’existence passée du corps imprimé sur le papier.
Ensuite de l’ambiguïté qui en ressort, celle qui ne fait nul doute sur sa capacité à mentir.
Vient la lourdeur du temps, celui-là même qui hésite à se faire passé, présent ou à venir au sein de dispositifs de mise en présence, qui confrontent mon corps, ou seulement un morceau, à l’espace de mes projections, et aux limites de l’écran : entre images fixes et animées.
Ainsi, différentes images de moi-même, qui manifestent leurs difficiles coexistences, reprennent vie à travers un autre regard, un autre corps, une autre oreille, la vôtre, qui écoute un temps complexe s’écouler, se répandre sur la surface d’un écran…
Chaque élément est un « même » et un « on », et à même temps un « autre » et un « toi », un « autre » et un « moi »…véritable dialectique du même et de l’autre : mon travail et le tas de gens, mon travail et le tas de moi.
Enfin, l’action, le mouvement, le temps, le son, le regard, la pensée, relient ce corps ou ces morceaux de corps, aux volumes à peine perceptibles dans l’ombre de leurs images, fixes, autour d’une naissance, d’une agonie, ou d’une mort.
La tragédie de l’écran, la tragédie de l’espace, la tragédie de la vie.














