Sélection 2004

Stéphanie Teyssie

Mise en présence

Il est d’abord ques­tion de la pho­to­gra­phie, celle qui cons­ti­tue­rait la preuve de l’exis­tence passée du corps imprimé sur le papier.

Ensuite de l’ambi­guïté qui en res­sort, celle qui ne fait nul doute sur sa capa­cité à mentir.

Vient la lour­deur du temps, celui-là même qui hésite à se faire passé, pré­sent ou à venir au sein de dis­po­si­tifs de mise en pré­sence, qui confron­tent mon corps, ou seu­le­ment un mor­ceau, à l’espace de mes pro­jec­tions, et aux limi­tes de l’écran : entre images fixes et ani­mées.

Ainsi, dif­fé­ren­tes images de moi-même, qui mani­fes­tent leurs dif­fi­ci­les coexis­ten­ces, repren­nent vie à tra­vers un autre regard, un autre corps, une autre oreille, la vôtre, qui écoute un temps com­plexe s’écouler, se répan­dre sur la sur­face d’un écran…

Chaque élément est un « même » et un « on », et à même temps un « autre » et un « toi », un « autre » et un « moi »…véri­ta­ble dia­lec­ti­que du même et de l’autre : mon tra­vail et le tas de gens, mon tra­vail et le tas de moi.

Enfin, l’action, le mou­ve­ment, le temps, le son, le regard, la pensée, relient ce corps ou ces mor­ceaux de corps, aux volu­mes à peine per­cep­ti­bles dans l’ombre de leurs images, fixes, autour d’une nais­sance, d’une agonie, ou d’une mort.

La tra­gé­die de l’écran, la tra­gé­die de l’espace, la tra­gé­die de la vie.


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