• Julien CAÏDOS

Errance(s)


Errance(s) invite à une déambulation dans un environnement urbain, empreint d’une atmosphère surannée. Les décors minutieusement mis en scène dans un studio se transforment, le temps d’un cliché, en une ville anonyme, avec ses rues, ses bâtiments et ses intérieurs. J’use ici de l’ambiguïté du medium photographique. Trompe-l’œil tridimensionnel, falsification, ce décor de ville assumé accueille des personnages traînant avec eux leurs histoires intimes, comme suspendus dans un temps immobile. Ce « territoire » miniature est un univers décalé par rapport à notre espace-temps, un lieu imaginaire où se retrouvent les histoires que je m’invente. Semblables à des tableaux photographiques, les scènes de rues figent et entremêlent rêve, fiction et souvenirs pour transporter le spectateur dans une sphère imaginaire.

Cette série photographique, dont l’esthétique traduit une nostalgie omniprésente, questionne sur la solitude humaine. Ce décor ne serait-il pas plutôt celui que nous construisons pour enrober nos existences de belles façades et de chemins rectilignes à suivre en période de troubles intérieurs ? Un conditionnement rassurant, mais factice, puisque les personnages poursuivent leur errance, dans l’anonymat le plus total. Des errances, comme autant de destinées individuelles, de questionnements existentiels.

Julien CAÏDOS

Vit et travaille à Paris.
Autodidacte, Julien commence la photographie en 2001 comme illustrateur et portraitiste des couvertures de livres de la maison d’édition Max Milo. En parallèle, il travaille en studio et assiste différents photographes tels qu’Ambroise Tézenas ou Christophe Beauregard, ce qui lui permet de découvrir, des techniques, des esthétiques et des champs photographiques toujours plus variés.
En 2002, il fonde le collectif d’artistes « Le Petit Monde des Merveilles », et participe à l’ensemble des expositions mises en place par ce collectif, soit une dizaine d’expositions. Grâce à cette structure, qui lui ouvre le champ de l’exposition et de la création artistique pluridisciplinaire, il a réalisé des séries photographiques thématiques inédites ainsi que des installations collectives.
Des univers hostiles, aux paysages féeriques, ses images sont les témoins de ses fascinations, toutes aussi diverses qu’improbables. Il aime photographier l’anecdote, l’inattendu, guette le hasard, la petite histoire, la marque, le passage, la simplicité...
Photographe humaniste, la présence de l’Homme dans ses images est prépondérante, il aime le voir évoluer dans son environnement. Ces images où les individus semblent en décalage dans un monde inquiétant, surnaturel où l’on se demande s’ils subissent ou s’ils maîtrisent ce qui les entoure. Ses photographies noir et blanc sont pour lui un moyen de montrer ces paysages, ces visages qui semblent ne jamais avoir changés, la couleur étant alors la marque d’une réalité parfois bien plus brutale.
Son admiration et sa passion pour la lumière - sans laquelle rien ne serait possible - le pousse très vite vers le light painting, procédé photographique lui permettant, non seulement de jouer avec la lumière, mais aussi de révéler certains aspects de la nature qu’une “lumière naturelle” ne ferait de la même manière. Avec l’image, ses jeux incessants autour de la lumière sont une quête – il s’y révèle - recherche et invente des fées, des êtres, des ombres…

S’il s’attarde souvent à dompter la lumière, l’accident le fascine. Sa série “Polaroïds” s’est révélé être un medium nouveau. Se rapprochant davantage des arts plastiques, ces images ne sont plus celles qu’elles auraient dû être, mais deviennent toutes aussi passionnantes, qu’elles sont le témoin de l’erreur, de l’aléatoire, loin de la maîtrise et de la technique nécessaire à la réalisation photographique.
La diversité que permet le médium photographique et les aléas des rencontres le pousse toujours vers de nouveaux sujets, rendant ainsi son travail beaucoup plus vaste, passant souvent de la photographie documentaire, humaniste, à la photographie de mode et à la mise en scène.