Regards nomades
3 vidéoprojections
sur les murs et le plafond d’une salle obscure.
L’image passe du mur de droite, au plafond pour se rendre ensuite sur le mur de gauche et revenir au premier dans une boucle infinie.
Dans cette installation, Véronique Sapin fait référence à la peinture “La Délivrance de Saint-Pierre” que l’on trouve au Vatican dans les chambres de Raphaël.
Le Saint-Pierre de Véronique Sapin vit au XXIème siècle : il ne peut compter sur un ange pour l’aider mais il n’a pas non plus à craindre de gardiens.
Sur le mur de droite, Saint-Pierre gravit le mur de la salle d’exposition à l’horizontal. La certitude, la foi, l’angoisse ou la volonté désoriente la réalité en obligeant l’image à se contorsionner : le vidéo projecteur tourné sur un côté place terre et ciel non plus comme lignes d’horizon mais, par leur verticalité, comme limites d’un chemin dédié à l’ascension. Saint-Pierre se dirige d’un bon pas vers l’ouverture d’un mur d’enceinte. Lorsqu’il disparait dans le porche d’entrée, l’image passe au noir et se rend sur le plafond.
Au plafond, Saint-Pierre entre par la droite et semble poussé, happé, aspiré ou propulsé par on ne sait quelle force étrangère. Il n’a pas de chaîne ou du moins nous ne lui en voyons pas. Il traverse le paradis en courrant sans pouvoir s’y arrêter puis il sort du cadre tandis que l’image passe au noir.
Sur le mur de gauche, Saint-Pierre réapparait abasourdi comme expulsé par l’ouverture d’un tunnel. Ensuite, il redescend vers les profondeurs du sol dans lequel il disparait pour réapparaître sur le mur de droite, etc.
A travers un parcours circulaire qui sans cesse repasse par les mêmes endroits, Le Saint-Pierre de Véronique Sapin semble voué à la recherche d’un sens qui lui échappe. La délivrance pour lui signifierait ne plus être expulsé du paradis. Or, de nos jours, le paradis a été scindé en multiples fascettes consommables. Il nous attire puis nous repousse et nous oblige à revenir quémander indéfiniment notre part de plaisirs.



