La rue de Cambremer Extrait de merveileux
Ces photographies, parfaitement insolites, nous permettent de reconnaître plus ou moins un village appelé Cambremer, avec ses magasins, ses habitants, ses façades.
Mais on perçoit en même temps un écart. On sent que ce n’est pas ça, qu’il s’est passé quelque chose d’étrange.
(...) Le résultat est ce jeu entre des plans qui n’ont pas la même consistance, l’un flou, l’autre net, nous donnant l’impression d’un réalisme parfait qui se dissout dans un arrière-plan inquiétant (ou l’inverse).
Et le vide est souvent à la fois devant et derrière, nous ramenant à une petite bande intermédiaire, surface suspendue où tout se resserre et se passe : mais quoi ?
On erre un peu, d’avant en arrière, cherchant où aller, à tâtons, revenant aux surfaces, à l’immanence.
Nous perdons pied. Nos repères ne nous servent plus à rien. Cela flotte. C’est dans cet espace qu’Isabelle Maarek voyage et nous invite à nous risquer, dans un mouvement un peu vertigineux, qui donne l’impression du roulis à terre,
comme d’une ivresse persistante, avec ce léger malaise d’autant plus incompréhensible qu’on croyait justement avoir les pieds sur terre.
Dominique Chancé, 13 août 2002




















