Anisota senatoria
Anisota-Sénatoria interroge la construction de la singularité grâce au multiple.
Dans le portrait d’une seul personne, c’est en fait une multitude d’êtres qui est représentée.
Lors de la réalisation des portraits, je me suis attachée à photographier les sujets dans une dynamique, une relative urgence qui interdit toute réflexion consciente sur la façon de se présenter devant l’appareil, afin de provoquer une manière de poser aussi insouciante que profonde, sincère et irréfléchie.
Dans cette démarche, opposée également à toute volonté de construction préalable de l’image, mon but est que chaque sujet se présente, inconsciemment, spontanément, autant dans sa dimension universelle, humaine, collective, que dans sa singularité, son individualité.
S’impose alors le choix de la prise de vue frontale et le visage couvert, seule mise en scène interdisant tout artifice qui chercherait à décrire une personne autrement qu’à travers sa présence immédiate, son corps. Ce choix, reliant les sujets entre eux à travers la série, est soutenu par l’utilisation d’un fond neutre et répétitif, et/ou la volonté de photographier ces personnes dans leur environnement intime qui n’est que l’extension matériel de leur être.
A travers ces contraintes le sujet garde par sa liberté de mouvement la possibilité de lutter contre l’anonymat, contre la rigueur formatée de la situation, n’ayant pour cela comme outil que son corps, sa gestuelle, sa présence.
C’est la combinaison des aventures individuelles qui finit par prendre un sens collectif ; et ce qui peut être universel, c’est la façon dont le contexte social détermine un individu au point qu’il n’en est qu’une expression particulière.





















