Le jour où C. m’a quitté.
…Autant le dire tout de suite, je ne crois pas qu’il soit réellement possible, par le biais de l’art, de représenter la vie, voire de représenter fidèlement ce que sont les gens et cela même si l’essentiel de mon travail est tourné vers le portrait. Je crois que nous essayons en vain d’éclairer une réalité qui nous échappe par sa complexité et son imprévisibilité. Je crois que les êtres qui nous entourent sont inconnus de nous à jamais. Mon travail photographique consiste cependant à essayer d’approcher une réalité trop complexe pour être totalement décrite.
Je tache de saisir des instants, des tensions, des rythmes, un équilibre, et s’il est illusoire de vouloir photographier les choses, j’essaie de photographier “entre les choses ” et d’accrocher par ce biais, un peu de ce réel impossible à saisir dans sa totalité.
Je crois qu’il est possible de faire une image juste qui n’aurait pas pour but de représenter fidèlement son sujet mais qui ouvrirait à une autre réalité, qui permettrait de voir les hommes différemment, sous un autre angle. C’est ce que j’essaie de faire à travers mes travaux qui utilisent le mouvement, les fragments, la répétition, les recadrages, le flou.
Les photographies présentées sont des autoportraits réalisés pendant une période difficile de ma vie. Ces clichés sont une tentative de recoller les fragments de ma propre existence en morceaux.





















