Ceci est mon corps
Ce projet se veut avant tout d’ordre documentaire, et sociétal. Il vise à interroger sur nos représentations. Sait-on que le ministère de la Santé vient de retirer les "troubles precoces de l’identité de genre" - le transsexualisme donc - d’un article du Code de la Sécurité sociale relatif aux "affections psychiatriques de longue durée" ? Roselyne Bachelot, ex-ministre de la Santé, avait décidé, en mai dernier, de prendre la décision de saisir la Haute autorité de Santé afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des maladies psychiatriques de longue durée.
Après reflexion, je me suis rendu à l’évidence du fait que la meilleure façon de parler de ce sujet était de l’exposer de la façon la plus neutre, frontale, et dénuée de tout symbolisme, éloignée autant que faire se peut des représentations habituellement plutôt centrées sur l’aspect soit médical, soit fantasmatique - ni table d’opération, ni bois de Boulogne donc. Mon idéal, un rien utopique, serait que chacun s’interroge sur son premier mouvement face à ces images. Et il était important pour moi, voulant parler non pas de corps mais de personnes - s’inscrivant littéralement dans un corps qu’elles tentent de se choisir -, de faire ces portraits dans leur environnement quotidien. Comme disait Michel Journiac, "il n’y a pas de corps existant de façon absolue. Celui-ci est lié à toute une série de contextes, d’objets, vêtements". De plus, le dispositif utilisé exclut volontairement toute indication ainsi que toute velleité de pose, en souhaitant les saisir à nu, au delà de l’aspect simplement corporel.




















