Ma tâche consiste à cultiver l’impulsion afin de nourrir l’émulsion.
J’aborde la photographie non pas comme un instant décisif mais comme un moment privilégié à la méditation. J’aime dans l’acte photographique ce dialogue intérieur qui s’instaure. Tout comme l’inconscient, l’outil photographique est une chambre noire sensible qui éponge sans frontière. C’est ce dialogue, entre le rêve et la réalité, entre l’invisible qui est en nous et ce qui nous entoure, qui est capturé.
Des quartiers apparaissent alors comme des décors de théâtre, les murs se transforment en ruines vaporeuses, le molleton se déguise en rose blanche, des fragments de matières deviennent un assemblage irréel … Dérégler les sens pour redécouvrir ce qui est devant nous.
Lumières, reflets, couleurs et géométries dessinent des réalités qui doivent être enregistrées. Faire des images c’est lutter contre l’oubli. Les conserver dans cette boite c’est préserver l’unicité et la spontanéité d’un regard posé sur la vie.
Des faubourgs d’Egypte en passant par les ruelles du Mozambique, mes pérégrinations photographiques me mènent vers ces rencontres rares et poétiques qui chaque fois éveillent de nouvelles émotions.




















