Sélection 2011

Thibault de Puyfontaine

Suivre l’émotion, écouter son instinct et trouver la faille. C’est le rythme patient pour tenter de surprendre un détail sublimé, un morceau de vie ignoré.

Lorsque l’obturateur se referme, le rideau se lève : Il faut déclencher pour voir !

Ma tâche consiste à culti­ver l’impul­sion afin de nour­rir l’émulsion.

J’aborde la pho­to­gra­phie non pas comme un ins­tant déci­sif mais comme un moment pri­vi­lé­gié à la médi­ta­tion. J’aime dans l’acte pho­to­gra­phi­que ce dia­lo­gue inté­rieur qui s’ins­taure. Tout comme l’incons­cient, l’outil pho­to­gra­phi­que est une cham­bre noire sen­si­ble qui éponge sans fron­tière. C’est ce dia­lo­gue, entre le rêve et la réa­lité, entre l’invi­si­ble qui est en nous et ce qui nous entoure, qui est cap­turé.

Des quar­tiers appa­rais­sent alors comme des décors de théâ­tre, les murs se trans­for­ment en ruines vapo­reu­ses, le mol­le­ton se déguise en rose blan­che, des frag­ments de matiè­res devien­nent un assem­blage irréel … Dérégler les sens pour redé­cou­vrir ce qui est devant nous.

Lumières, reflets, cou­leurs et géo­mé­tries des­si­nent des réa­li­tés qui doi­vent être enre­gis­trées. Faire des images c’est lutter contre l’oubli. Les conser­ver dans cette boite c’est pré­ser­ver l’uni­cité et la spon­ta­néité d’un regard posé sur la vie.

Des fau­bourgs d’Egypte en pas­sant par les ruel­les du Mozambique, mes péré­gri­na­tions pho­to­gra­phi­ques me mènent vers ces ren­contres rares et poé­ti­ques qui chaque fois éveillent de nou­vel­les émotions.


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