• François VERMOT

EMPREINTE DIPLOMATIQUE


A Genève, face au Léman et au Mont-Blanc ; le centre européen des Nations Unies.

En de nombreux recoins du Palais des Nations, le visiteur est transporté dans le passé, quelque part dans les années 1930 ou 1970, les époques de construction puis d’agrandissement du lieu. L’édifice colossal regorge d’éléments d’époque, aujourd’hui banalement fonctionnels et utilisés au quotidien.

Dans le Palais, ces rémanences d’activités raisonnent comme des anachronismes avec le style originel du lieu. Elles le chargent pourtant d’une présence inhabituelle, au sein de laquelle transparaissent débats, négociations, accords ou désaccords. L’empreinte diplomatique.

L’architecture est autoritaire, la maison du monde bâtie avec des intentions claires. Mais dans la pratique, cette aura originelle est remise en cause par l’activité des hommes. Le décorum, que l’on voulait raffiné et représentatif de la fonction des lieux, a dû être en maints endroits aménagé, accommodé pour répondre aux usages essentiels des diplomates. Comme au dehors le monde, lorsque les intentions humanistes se heurtent à la réalité des humains.

D’ici 2023, l’édifice sera pour la première fois entièrement rénové. L’espace sera repensé, lissé, rationalisé. Les travaux sont déjà en cours.

François VERMOT

Né à Fribourg en 1987.

Géographe de formation, j’exprime aujourd’hui mon ressenti par rapport aux lieux et aux espaces au travers de photographies et de vidéos.

Plus jeune, dès l’âge de 12 ans, je monopolise le caméscope familial. Le jeu devient rapidement une passion qui me mène vers le documentaire. Des films le plus souvent consacrés au rapport entretenu entre un lieu et ceux qui y évoluent.

Parallèlement, la photographie occupe une place croissante dans mon travail. Ainsi à l’âge de 18 ans je pars vivre plusieurs mois à Paris pour réaliser une série depuis les toits constituée de plusieurs centaines de clichés, à partir de points de vue uniques et jamais photographiés.

Dès lors, c’est en autodidacte que j’expérimente, intéressé par l’idée d’esthétiser le banal, de questionner la norme dans l’aménagement de l’espace, et la notion de décor et de son envers. L’être humain n’est pas toujours représenté sur les clichés, mais il est présent de par ses traces. Dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, Georges Perec évoque par la littérature „ce qu’il se passe quand il ne se passe rien“. C’est ce que je recherche à représenter par l’image.

Depuis la fin de mes études, la photographie est devenue mon activité principale. Plusieurs séries sont en cours d’élaboration, et je travaille également sur des moyens d’allier images fixes et animées sous la forme de photographies sonores et en mouvement.