• William BUNEL

The curtains fall


Cette série fut réalisé à "la belle de Mai " quartier du 3ième arrondissement de Marseille. Il a longtemps été le siège de la manufacture des tabacs de Marseille et le lieu des émigrés. C’était
un quartier exclusivement ouvrier. Aujourd’hui sensible et animé il subit un chômage endémique malgré la présence de nombreux commerces.

Avant de me retrouver face a mes modèles, je pénètre des cages d’escaliers sombres aux peintures écaillés, aux marches bringues ballantes, ou les câbles électriques s’entremêlent instaurant un climat étrange. Le temps semble s’y être arrêté. En entrant l’aspect suranné des lieux, les odeurs , la lumière me projettent dans mon enfance comme si je visitais mes grands parents. Ici rien n’a changé depuis des décennies. La mort est déjà passé par la,emportant l’un des deux conjoints. Par le biais du médium photographique je saisi le réel d’une époque qui s’en va, transfiguré par mon imagination.

Au delà de l’aspect vieillot de la plupart des intérieurs, ce sont les paradoxes qui frappent le plus. Chez ces personnes en fin de vie, les symboles attendus du sacré s’opposent à des objets plus incongrus, voire infantilisant. Affaiblis mais dignes. Fragiles et révoltés. Perdus au milieu de leurs repères, les sujets s’exposent avec pudeur. Chaque photographie expose un univers clos, ouvert vers un ailleurs hypothétique. Le spectateur s’invite chez ces gens et ressent la familiarité réconfortante des lieux ; il est à même d’y déceler la pesanteur d’un quotidien de plus en plus désincarné.

Les couleurs diffèrent aussi : sombres chez certains, d’un blanc sépulcral chez d’autres, l’exubérance s’oppose à la sobriété. Les corps, déformés par la vieillesse, niés par des vêtements privilégiant le confort à l’esthétique, racontent les années passées.

"La mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué" Simone de Beauvoir.

William BUNEL

Né en 1979, vit et travaille à Marseille.

Mon travail tente de rendre visible ce qui se dérobe au regard, ce sont des fictions mettant en scène des lieux, des corps, des femmes et des hommes incarnant à la fois le singulier et l’étrange.

Même absent de certaines séries l’humain est au cœur de mon travail. Des signes perceptibles, mais diffus amorcent de possible récits. L’image photographique tricote des narrations, elle interroge autant notre rapport à la réalité que la fuite du temps.

  • 2003 : diplômé à la haute école André Vésale, Liège, Belgique.
  • 2004 : En parallèle à mon travail, suit des cours d’histoire de l’art et de photographie à Paris.
  • 2006,2008 : cours poursuivis à Vol de nuit (atelier photographique) à Marseille
  • 2009 : vit durant un an en Asie et Amérique du sud, ou je réalise des travaux personnels
  • 2010,2011,2012 : réalisation de la série Absence en Estonie, Lettonie, Grèce, Italie, France, Allemagne
  • 2013 : réalisation des séries Visages dévoilés et Lame urbaine
  • 2014- 2015 : réalisation de la série The curtains fall