• BOUCHER Mélissa

On ne demande pas des comptes à un orage

C’est assez agréable cette sensation de perte de repères lors des premières marches. Être désorientée. Traverser toutes ces scènes de nuit telle une marcheuse citadine et en faire petit à petit son propre rituel nocturne.

Le long de l’avenue Nguyen Hue à Saïgon et de celle des promenades piétonnes le long des lacs, à Hanoï ; la modernité grandissante accueille à l’ombre de ses luminaires une jeunesse aux appartenances ambiguës, tournée nonchalamment vers l’avenir.

Étrangère en ces lieux, je déambule et m’attache aux détails, cherchant dans les gestes en apparence insignifiants les secrets de cette génération aux codes que je ne maîtrise pas.

Une poésie des échanges irradie ces scènes entre amis, motos garées sur le trottoir, entre autels, feux de rue et magasins de luxe ; les échanges de circonstance avec les vendeurs ambulants, les rires des filles vêtues d’un seul et long t-shirt américain.

Dans les bruits de klaxons et de motos la nuit n’est pas paisible, mais il y a quelque chose dans l’air qui ne trompe pas ; la sérénité d’un recommencement, cette sensation d’humidité et de fraîcheur d’un soir après l’orage.

BOUCHER Mélissa

Née en 1986, Mélissa Boucher est franco-bolivienne. Elle fait partie de l’atelier collectif Le Houloc depuis décembre 2016. Après un parcours en classe préparatoire littéraire, elle est diplômée des Beaux-Arts de Paris. Ses projets peuvent être en solitaire ou en collaboration. 

Ses images sont sa façon de repenser et réimaginer ses rencontres et ses déplacements, ses compositions agissent comme une exploration de la mémoire, interrogeant notre rapport à l’espace, au temps et au récit, ouvrant un espace de jeu entre le récit documentaire et la fiction. 

Son projet Sonnette, en duo avec Marine de la Loge, est exposé entre mars et juin 2016 au 104 de Paris dans le cadre du festival Circulation(s) puis en avril 2017 au musée d’art et multimédia MMA de Moscou dans le cadre d’une carte blanche au festival Circulation(s). Elle a participé à des expositions collectives comme Monstres et Madones à la galerie Triple V en mai 2016 ou Pixel Monument en juin 2016 à la Cité des Arts de Paris, plus récemment à Green is the freshest color au Houloc, et La réalité Viscérale à la galerie des Bains Douches d’Alençon en Mai 2018. Elle prépare actuellement une exposition qui sera présentée en Mai 2019 au Pavillon Populaire de Montpellier dans le cadre des Boutographies et en septembre dans le cadre du festival ManifestO.

Par ailleurs en 2015, elle a été invitée à la fondation Ucross dans le Wyoming pour une résidence photographique d’un mois et demi et obtenu une bourse de résidence puis de production de l’ambassade des Etats-Unis en 2014 et 2016 pour son projet It all just hapenned. Par le passé, elle a exposé dans des expositions collectives à la Fondation Rosenblum,et lors de la Nuit de l’Instant dans le cadre de MP2013.