• LOUBON Patrice

Un architecte du XXIè siècle, Freddy MAMANI

Préambule

Lors de mon 1er voyage dans l’État plurinational de Bolivie en 2014, quel choc ai-je éprouvé à la vision d’El Alto, cette ville nouvelle d’à peine 36 ans d’âge qui surplombe La Paz, capitale la plus élevée au monde. Des bâtiments jusque là jamais vu ailleurs ornent cette urbanité en émergence d’une façon peu habituelle ! Quelle bonheur d’assister à cela : la naissance d’une ville à travers un phénomène urbain et social absolument inédit, la réappropriation du peuple indien, par l’architecture, de son pouvoir et de ses destinées.
Ce sont en effet les riches Aymaras qui sont les maitres d’œuvre de cette expérience et Freddy Mamani leur prophète !

El Alto

Deuxième plus grande ville en Bolivie sur un plateau déboisé à une altitude de 4000 m, situé entre deux cordillères, El Alto est une communauté urbaine dominée par des bâtiments simples en brique rouge, des rubans d’asphalte en gris et routes non pavées. Sous la présidence d’Evo Morales, les populations autochtones du pays ont développé une nouvelle confiance en elles-mêmes, et les architectures de Mamani expriment cette confiance renforcée dans sa conception de l’architecture et surtout de la façade.
La conception des bâtiments est comparable à celle de Friedensreich Hundertwasser.
Ils se caractérisent par leur vitalité et une singularité imaginative, avec des allusions claires aux traditions Aymara, le plus grand groupe ethnique en Bolivie. Les couleurs sont semblables à celles des ponchos et autres costumes de l’Altiplano, les formes ne sont pas sans rappeler souvent des papillons, des serpents et des condors, qui jouent un rôle central dans la mythologie Aymara. (source : Wikipedia)

Freddy Mamani

Ingénieur, briqueteur et architecte autodidacte né en Bolivie en 1971. Inventeur de structures nouvelles qualifiées "architecture néo-andine" ou Cholet. On en compte à présent plus d’une centaine de projets dans la ville bolivienne d’El Alto.
A 14 ans, il a commencé à travailler comme briqueteur assistant, puis il a suivi une formation l’année suivante à la faculté technologique de l’architecture civile de l’Université Mayor de San Andrés (CESU) à La Paz, puis a étudié le génie civil à l’Université Boliviana de Informática (UBI) à La Paz.
Aujourd’hui reconnu internationalement, il expose et construit tout autour du monde ses architectures vernaculaires hallucinantes, réaffirmant son origine indienne, humble et rurale, ainsi que la conscience de la puissance de son acte et de l‘authenticité de ses réalisations.

Le film

L’exposition peut aussi être accompagnée du film Cholet - The work of Freddy Mamani réalisé par Isaac Niemand dont nous pouvons aisément avoir les droits de diffusion.

À travers le film, la discographie de Moby croise les sons de la nature bolivienne dans les hautes terres, pour offrir aux spectateurs une visite d’El Alto, la plus haute ville du monde. Le film commence par des prises de vue attentives de la ville tandis qu’une voix off parle l’Aymara, l’une des langues andines en danger d’extinction.
Le film met en lumière le travail original de l’architecte bolivien Freddy Mamani. Inspiré par la culture andine aymara dont il est originaire. Sur les hauteurs de l’altiplano, ses réalisations sont des « parenthèses fastueuses, loufoques et colorées au milieu de la sobriété d’une banlieue précaire et monotone ».
https://vimeo.com/170236179

LOUBON Patrice

Diplômé de l’Ecole Nationale de la Photographie (1992) et titulaire d’un MASTER 1 en Arts Plastiques de l’Université de Montpellier (2002). Porteur de projets artistique et culturel, il obtient en 2005 un MASTER 2 de « développement culturel et direction de projet » (Université Lyon II).
Enseignant en photographie et en analyse de l’image de 1999 à 2004 pour les universités de Montpellier III et de Nîmes. En 2007, il structure le département de photojournalisme pour le compte du World Press Photo, à l’Institut Supérieur d’Information et de Communication du Maroc (Rabat). Il coordonne depuis 2005 un grand nombre de projets pédagogiques liés à l’image.
Fondateur et directeur de NEGPOS (Nîmes), Directeur artistique de la Biennale Images et Patrimoine, des Rencontres Images et Ville et du festival FOTOLIMO (Cerbère-Portbou).
Son sujet de prédilection est la ville et les phénomènes qui la traversent. Chaque nouvelle approche génère des dispositifs et des formes différentes qui peuvent intégrer la photographie, la vidéo, la déambulation, la performance et l’installation. Depuis 2003, il met en place des projets où le partage et la co-production sont au coeur du processus. Ses préoccupations sont universalistes et les sujets traités autant de tentatives de révéler les invisibles phénomènes qui peuplent les artères de l’urbanité contemporaine.
Il a réalisé de très nombreuses expositions personnelles et collectives, principalement en France, mais aussi ailleurs : Rabat, Santiago du Chili, Londres et La Havane. Son travail se retrouve dans les collections de la Médiathèque Carré d’Art (Nîmes), de la Casa de las Americas à La Havane et dans des collections privées en France, en Suisse, en Argentine, au Chili, au Maroc et à Cuba.
Au cours des 15 dernières années, il a bénéficié d’aides régulières à la création de la part de la Région Occitanie et de la DRAC Occitanie.

Bourses :
Aide individuelle à la création de la DRAC Languedoc-Roussillon, 2004, 2008, 2012, 2016.
Aide individuelle à la création du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, 2009, 2015.
Fond’Art en tant que commissaire d’exposition pour le projet « Historia de una foto », Chili, 2012.

Expositions récentes :
2018 : La declaracion de La Habana, Centro cultural Las Condes, Santiago de Chile.
2018 : Un architecte du XXIè siècle, Freddy MAMANI, Maison de la Région, Nîmes.
2018 : Hope (col.), L’autre c’est le même, Fondation Manuel Rivera Ortiz, Rencontres d’Arles.
2018 : Regards croisés, Paris-Shanghaï, avec LIU Gang, galerie NegPos, Nîmes.
2017 : H.A.B.I.T.E.R. ARCHIFOTO 2017, Galerie La Chambre, Strasbourg.
2016 : Don’t blink (col.), L’autre c’est le même, Le Magasin de jouets, Arles.
2015 : Sam Sulaah’s AmerikaZ, galerie Objets d’hier, Nîmes.
2014 : La declaracion de La Habana, Galerie Cristo Salvador, La Havane.
2013 : Urba Latin Arpilleras, Centre de la Résistance et de la déportation, Arles.
2012 : RSV (col.), le bois de l’autre côté du périphérique, galerie de la Salamandre, Nîmes.