• SIODOS David

À l’ombre des vivants

Après de nombreuses années à arpenter la ville et sa banlieue, je me suis rendu compte que je dirigeais davantage vers des personnes qui vivaient autrement, sans impératif, sans artifice. Comme si j’étais naturellement attiré par leur grâce, leur présence, leur charisme particuliers.

Les gens pressés sont plus difficiles à photographier et leur langage corporel semble contraint. Sont-ils des prisonniers de leur emploi du temps ? Le sommes-nous tous ? Le temps n’est-il qu’une grille qui nous permet d’appréhender le réel, une grille qui nous donne l’illusion d’avoir une prise sur ce dernier ? Les passants dont les semaines ne sont pas nécessairement programmées, ces hommes et ces femmes qui se tiennent hors du temps, ne sont-ils pas davantage en contact avec la réalité ?

Ce sont ces interrogations qui, je crois, motivent mes excursions. Ma pratique questionne constamment le rapport au temps et au réel. Sur les lieux de mes prises de vue, j’utilise des filtres que je glisse devant mon objectif. J’ai ainsi l’impression de me rapprocher d’une certaine forme de vérité. Paradoxalement, ajouter un filtre me permet d’enlever le masque de mon sujet, comme le sfumato permet d’être plus fidèle au sujet d’une peinture.

La série « A L’OMBRE DES VIVANTS » tente de capter des flottements. Les minutes sont autant de barreaux qui séparent notre vie intérieure de la réalité. Je guette la distension de ces barreaux. Je vois chaque individu comme une projection de lui-même. Notre identité n’est-elle pas une histoire que l’on se raconte en boucle, en la peaufinant un peu plus chaque jour ? Ne sommes-nous pas des personnages enfermés dans leur histoire ? Je veux saisir, chez les êtres que je photographie, le point de fusion entre leur fiction intime et un monde qui nous dépasse.

A longueur de journée, je suis des individus qui errent ou habitent à la périphérie de la vie, et qui pour moi côtoient l’essence des choses… Au point de ne plus savoir moi-même si je suis vivant… Ou simplement une ombre.

SIODOS David

Né à Troyes en 1978, je vis et travaille à Toulouse depuis douze ans. Je pratique la photographie de façon autodidacte et indépendante. Je parcours la rue à la recherche d’une scène de vie, d’une émotion unique. L’idée étant de dresser un constat personnel sur l’évolution de la société. La rue étant le parfait terrain de jeu pour cela.

Expositions individuelles

2016 : SPUTNIK Gallery (New-York, Etats-Unis)
2017 : Galerie du Fort (Montauban),
2018 : Galerie Bernard Magrez (Bordeaux), Galerie OPEN SPACE (Sète)
Chapelle des Dominicaines (Carcassonne)

Expositions collectives

2015 : Vincennes Images Festival (Vincennes)
2016 : Artistes à suivre (Aude), Moulins Albigeois (Albi)
2017 : Phot’Aix (Aix en Provence)
2019 : Espace point de vue (Lauzerte)

Publications et distinctions

« Jours Ordinaires » auto-édition (2014)
« Périphériques » auto-édition (2019)

Prix Germaine CHAUMEL, Académie du Languedoc 2016 (Toulouse)
Prix de la photographie à l’institut Bernard Magrez 2017 (Bordeaux)